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13.10.08
Brève de métro # 12
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11.9.08
Brève de métro # 11
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9.4.08
Brève de métro # 10
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25.3.08
Cache cache
J'ai vu une femme courir du fond du quai. Elle riait. Je me suis dit que c'était encore une de ces personnes pressées de prendre le métro. Même un jour férié, comme ce jour là, il y a des gens qui sont toujours pressés de prendre le métro. C'est fou ça tout de même. Et puis non. Au final, elle ne courait pas pour attraper un métro qui n'était d'ailleurs pas encore arriver. Elle s'est engouffrée dans un passage de sortie comme si elle se cachait. Et elle riait toujours, en jetant de temps en temps des coups d'oeil vers le fond de la station. Sans doute une douce dingue rigolote. Aussi vite, qu'elle avait attiré mon regard, je l'ai oublié, de nouveau absorbé par la fréquence de mes bâillements.
Venant aussi du fond de la station, une vieille dame semblait perdue et désorientée. Elle interrogeait des voyageurs, sans doute pour demander sa route, me suis-je dit. Pourtant, les dits voyageurs répondaient par la négative, d'un mouvement de tête qui n'avait pas d'équivoque. Que pouvait-elle bien demander ainsi? Elle est arrivée près de moi, toujours l'air perdue, voir même paniquée. En fait, elle cherchait sa fille. Elle l'avait perdu dans les couloirs de la station et elle ne savait pas où elle était. Que pouvais-je répondre à cette pauvre dame? Je lui ai demandé où elle était sensé aller avec sa fille pour pouvoir mieux l'orienter. Elle allait à Belleville. Elle était donc sur la bonne ligne. Je ne pouvais pas mieux l'aider. Elle est repartie en continuant à interroger les gens. J'étais un peu peiné pour cette petite dame.
Entre temps, la première femme qui riait est arrivée sans que je la vois. Elle s'est mise derrière la vieille femme et lui a tapé sur l'épaule. Elle a sursauté et envoyant la femme, elle s'est mise à pleurer. La femme riait en lui disant je t'ai bien eu hein ! Et la vieille dame pleurait en lui demandant pourquoi elle avait fait cela.
Ce jeu de cache-cache pervers n'avait en effet rien de drôle. La plus jeune des deux avait beau chercher le regard complice d'un voyageur pour la cautionner, beaucoup ont tourné les yeux. Je l'ai moi même fusillé du regard. J'étais écoeuré par sa conduite. Ce jeu passe bien lorsque les enfants le pratiquent parce qu'il est innocent. Ici, cela devenait volontairement méchant.
Décidément, on verra tout dans le métro parisien.
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4.3.08
C'est qui lui ?
Quand il est entré dans la rame de métro, à deux stations de la maison, je me suis dit : " tiens je le connais ce gars là". Mais j'avais beau me creuser la tête, je ne voyais pas où, quand, comment.Pour information, la photographie de ce post est de Nicolas Ilinski, talentueux photographe qui travaille beaucoup sur des concerts (Kisling, Albin de la simone, Thomas Fersen...). Son site : http://www.mind2eye.com/.
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18.2.08
Brève de métro # 9
Hier, je me rendais au travail, la mort dans l'âme à l'idée d'être enfermé dans un bureau alors que l'atmosphère appelait à la flânerie. A République, je m'apprête à prendre la ligne 8 quand une jeune femme sort de la rame en courrant, me bousculant au passage. Je me suis dit qu'elle devait être bien pressée cette personne, tout en m'engouffrant dans la rame. La voiture est presque vide et silencieuse. Je m'installe sur un strapontin. A côté de moi, une femme, le visage un peu crispé. En face d'elle, un petit vieux ratatiné sur son siège. Il me semble un peu à l'ouest, sans doute sous l'effet d'une bonne cuite mais sans plus. Les écouteurs dans mes oreilles, je me laisse porter par la musique, la tête ailleurs.
Une station, deux stations sans que rien de particulier ne se passe. Le train-train habituel. A la troisième station, un couple de jeunes touristes anglais entre dans la rame. Il est plutôt charmant et agréable à regarder; elle est mignonne et timide. Ils se sourient sans arrêt. C'est beau l'amour.
Soudain, le vieux monsieur a un sursaut. Il se redresse et dodeline. C’est certain, il est définitivement complètement saoul. Il farfouille dans son sac plastique en maugréant sourdement, le geste et l'attitude peu assurés. Il me semble de plus en plus agité. C'est le genre de personne à partir en vrille sans prévenir et qu'il vaut mieux garder à l'oeil avant qu'il ne vous tombe dessus à l'improviste. Il jette son sac par terre et se met à parler de plus en plus fort. Des mots incompréhensibles pour la plupart. Il est maintenant très agité et se penche d'avant en arrière. Il me fout un peu les jetons mais j'essaie de garder mon sang froid et surtout j'essaie de ne plus le regarder du tout pour ne pas attirer le mauvais œil sur moi. La rame est plongée dans un silence lourd comme une chappe.
Et puis, ce qui devait arriver arriva. Il a purement et simplement pété les plombs. Il s'est mis à hurler comme un aliéné. Encore une fois des choses sans cohérences mais on distinguait aisément quelques noms d'oiseaux que la décence me défend de répéter. Il est parti en total roue libre. Il hurlait et il hurlait avec de grands gestes incontrôlés avec ses bras. Je vois que tout le monde est sidéré. Le petit couple en face de moi a peur. La femme à côté de moi essaie de garder une certaine contenance mais elle n'en mène pas large non plus. Moi, je commence aussi à me laisser gagner par la panique. Le temps me semble suspendu. Le couple de touristes quitte la rame dès que le train s'est arrêté en station. Moi, je perds trop de temps à tergiverser avec moi-même, pour savoir ce que je dois faire. La rame est déjà repartie; il me faudra attendre la prochaine station.
Pendant ce temps, le vieux bonhomme ne s'est pas calmé et semble nourrir sa rage tout seul. Les insultes fusent. Il se lève et se rassoit. J'ai maintenant vraiment les pétoches. Jamais le trajet entre deux stations m'a paru si long. Le vieux a trouvé sa cible. Il s'agit de ma voisine. Elle est immobile et tendue, le regard fixé sur un point imaginaire. Il déverse sur elle un flot ininterrompu d'invectives et d'insultes, d'obscénités verbales et gestuelles.
La rame est arrivée enfin en station. Le vieux s'est mis debout et a commencé à descendre sa braguette de pantalon. S'en était trop pour moi et pour la plupart des voyageurs présents dans cette rame. La femme s'est levée, toujours très droite mais digne et nous sommes sortis sous les cris presque animaux du vieux fou. J'ai vu les passagers en attente de monter dans la rame se raviser et trouver une place dans une autre voiture. Je me suis engouffré dans une voiture voisine et j'ai pu commencer à respirer, tout en ayant les jambes en coton. Je me suis refusé à regarder ce que le fou pouvait bien faire, seul dans sa voiture. Mais à l’expression hébétée de mes nouveaux co-passagers qui regardaient dans cette direction, la situation ne devait pas s’être calmée.
Je suis enfin arrivé à Invalides. Le calvaire cauchemardesque prenait fin. Je crois bien que je n'ai jamais eu aussi peur dans le métro parisien, en pleine journée. Saoulerie ou folie, je ne sais pas trop, peut-être bien les deux d’ailleurs, quoi qu’il en soit, ce type là n’avait plus rien d’humain. Flippant, je vous dis…
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25.1.08
Brève de métro # 8
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9.1.08
Journée de merde
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11.12.07
Brève de métro # 6
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17.10.07
Brève de métro # 5
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14.10.07
Brève de métro # 4
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13.10.07
Brève de métro # 3
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10.8.07
Brève de métro # 2
En face d'elle, une vieille dame, la chevelure toute blanche, la peau du visage toute ridée. Elle avait un sourire tremblotant et constant et ses yeux bleus délavés, presque gris, semblaient fixer le vague à l'âme des autres voyageurs.
A Odéon, la vieille femme s'est levée, courbée et ratatinée sur elle même, pour quitter la rame me semblait-il. Mais, elle s'est approchée de la future maman et lui a pris les mains. Elle lui a dit d'une voix chevrotante qu'elle lui souhaitait beaucoup de joie et de bonheur à tous les trois. La jeune femme a souri timidement, visiblement mal à l'aise, et lui a bredouillé un rapide merci. La vieille femme est descendue à la station suivante.
La jeune femme m'a regardé et m'a dit qu'elle se demandait comment elle avait deviné qu'elle attendait des jumeaux. Ce que je prenais pour un babillage de vieille femme presque sénile était en fait comme une prédiction, un acte de voyance extralucide, une manifestation magique. La vieille femme prenait soudainement une autre image, celle d'une bonne fée, gentiment sorcière, la bonne marraine des princesses des contes de fée.
En même temps, je ne pouvais m'empêcher de penser que cette vieille femme si tranquille aurait très bien pu me jeter le mauvais oeil sans que je m'en rende compte. Oui, je sais ! Je viens de la Sarthe et je crois à ces histoires de bonnes femmes, ces croyances populaires, qui ont hanté mon enfance. Je me pensais à l’abri depuis mon arrivée à Paris. Depuis ce jour, je regarde attentivement le visage des vieilles dames qui semblent somnoler en dodelinant de la tête. Sait-on jamais...
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10.7.07
Une histoire qui roule
Enfin Montparnasse. Tout le monde descend. Hélas, tout le monde descend. C’est un véritable bouchon de valises cette station. Toujours du monde. Toujours des tonnes de valises dans tous les sens. Les touristes qui s’arrêtent au beau milieu du quai pour consulter leur plan de métro ; qui cherchent le chemin ; ceux qui discutent une minute pour savoir ce qu’ils vont faire ; les gosses qui sont toujours là où ils ne faut pas ; les usagers qui vont travailler et qui n’en peuvent plus de devoir gravir des montagnes de bagages pour avancer. Et puis il y a moi, qui essaie tant bien que mal à slalomer entre tous ceux là, en évitant de marcher sur les uns, de rouler sur les autres. Dans ces moment là, une seule phrase : « pardon ! Excusez moi » et je fonce. Ca n’arrange pas l’état de l’éponge qui m’habille mais au moins ça permet de quitter cette cacophonie fourmilière le plus vite possible. De nouveau, deux kilomètres de couloirs étroits et encombrés. De nouveau, une dizaine d’escaliers pour monter, descendre, descendre, monter et encore si affinité. Quand enfin, parvient à mon oreille la voix féminine devenue si sexy et rassurante, annonçant les voies de départ, je suis lessivé, stressé comme jamais, une véritable serpillière sur pattes. Mais je suis fier ! J’ai vaincu. J’ai réussi à survivre au métro mangeur d’hommes à valises à roulettes. Il n’y a plus qu’à s’installer dans le train ; reprendre mon souffle ; attendre que la climatisation fasse ce qu’on attend d’elle et le week-end peut commencer.
Ca, c’est le meilleur des cas. Parce qu’il peut y avoir une fin alternative. Celle qui me fait arriver à la gare à 9h30 le matin de notre départ, à la recherche de la consigne de bagages (pour ne pas se trimballer cette affreuse boite à roulettes). Vous la trouvez enfin, ce qui n’est pas une mince affaire, je vous le garantie. Vous devez passer un cordon de sécurité encore plus impressionnant que pour entrer à l’ambassade des Etats-Unis, sans oublier de passer au détecteur le sac à dos qui est (comme son nom l’indique) sur votre dos mais que vous aviez oublié, tout obnubilé par le clebs à roulettes qui vous a pourri la vie. Vous tombez sur le cul quand vous découvrez le prix (outrageusement exorbitant) que vous allez devoir payer pour entreposer votre valise pour seulement dix heures. Vous vous arrachez les cheveux pour comprendre comment marchent ces boites en fer (tourner la molette à droite, mettre l’argent, tourner la molette à gauche…). Je vous assure, que vous avez beau essayer de garder tout votre calme et rester dans la positive attitude qui me caractérise (hum !), ben, tout ça cumulé, vous avez vraiment envie de pousser des hurlements hystériques. Surtout quand vous savez qu'il vous reste encore une demie heure de métro (sans la valise du coup) pour aller travailler. Vous êtes trempé comme une souche de marais ; vos bras qui n’en peuvent plus de s’être arrondis pour pas un rond ; vos jambes qui refusent de répondre correctement à vos ordres (vous savez, le genou qui se dérobe sous vous parfois) ; le visage aussi luisant que le ver dans un soir d’été. Le stress qui décide de vous abandonner soudainement et qui vous laisse dans un état proche de l’Ohio (deuxième route à droite après la sortie 25). Bref, ce n’est pas forcément une bonne journée qui commence ainsi. Mais, que ne ferais-je pas pour partir en week-end ?
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Eric
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