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29.12.08

Nouvelle Vague à l'Alhambra

Quand je vous dis que je manque de temps ! Voila près d'un mois que je suis allé voir le concert de Nouvelle Vague à l'Alhambra (c'était le 9 décembre) et je n'en ai pas touché deux mots...
Nouvelle Vague c'est avant tout un concept; un projet musicale visant à reprendre des chansons de la pop anglaises des années 80 en les réinterprétant façon décalée (bossa nova, le blues, le reggae, le plus souvent). Au fil du temps, ce projet est devenu un véritable groupe qui cartonne pas mal. Si l'écoute des albums est agréable dans les soirées du Manoir ou dans la voiture nous ramenant de Normandie, voir le groupe sur scène est une autre histoire.
Les Dames du Manoir nous avaient mis l'eau à la bouche après leur concert à la Cigale, il y a deux ans. Si bien que lorsque le concert de l'Alhambra s'est annoncé, nous avons pris nos places, persuadés que nous passerions un agréable moment. Hélas !
Hélas, ce ne fut pas le cas. Les voix des deux chanteuses ne sont pas à remettre en cause. Des voix qui se complètent à merveille, chaudes et suaves. Le problème vient surtout des chanteuses et plus généralement de l'aspect clinquant bon marché du concert. Une grande blonde (nouvelle recrue du collectif) arrive sur scène dans une robe en corde blanche. C'est vrai qu'elle est jolie mais elle se donne de grands airs de stars tout droit sortie de Monoprix. Elle se pique de vouloir danser. Sans doute se veut elle langoureuse et allumeuse; glamour. Mais au final, on a le droit à des numéros de danse de pipeshow, un peu lorsque Elizabeth Berkley essayaient de se montrer crédible en dansant dans Showgirl de Verhoeven. La aussi, le concert vire dans la vulgarité.
Les deux enchaînent leurs morceaux. Elles s'amusent sur scène. Moi pas. Je ne peux plus m'enlever la grande blonde exécutant une danse sexuelle sur scène. J'ai quitté le concert, je ne suis plus dedans. Je n'ai qu'une seule envie, que ça se termine vite.
Il n'y a qu'à la toute fin, lors des rappels, qu'un semblant de concert digne de ce nom se fait jour. La belle Mélanie pain (petite brune piquante à la voix d'enfant) allume la salle en susurrant deux ou trois chansons. Je suis sûr qu'elle ferait un malheur si elle était seule sur scène. Ce n'est pourtant pas le cas. Malheureusement.
Les Dames sortent du concert heureuses et conquises. Elles rayonnent. Le Sage et moi tirons une gueule pas possible. Ça a dû être une douche froide pour elle, notre manque d'enthousiasme. Je continuerais à écouter les albums et prendrais sans aucun doute toujours autant de plaisir à les écouter (surtout si c'est au Manoir) mais de les revoir sur scène, je ne suis pas prêt de m'y risquer à nouveau.
Nouvelle Vague - L'Alhambra (c'était le 09 décembre)

18.12.08

Aldebert - L'Alhambra

Il y a des chanteurs ou chanteuses qu'on écoute d'un peu loin, qu'on apprécie mais qu'on rêve de découvrir complètement sur scène. Ce fut le cas pour Camille, vue sur scène, pour la première fois, il y a quelques mois. C'est encore le cas pour Jeanne Cherhal, aperçue rapidement dans un duo avec Jérémie Kisling, mais que je n'ai pas réussi à revoir depuis malgré bon nombre de tentatives. C'était le cas aussi d'Aldebert.
Lui aussi, je l'ai vu sur scène rapidement dans un duo, lors d'un concert de Jérémie Kisling. L'impression avait été suffisamment forte pour que j'achète, à l'époque deux de ses albums (Sur place ou à emporter et l'année du singe). J'ai raté un concert. Mais chaque fois que je réécoutais un de ces albums, l'envie de le voir sur scène se faisait plus pressante. Et puis, il a terminé sa tournée et puis voilà, j'ai un peu oublié.
Voilà qu'il sort un nouvel album, début du mois de novembre. Un album pour enfants chanté par des grands. C'est un peu le concept. Entouré d'une ribambelle de compagnons de la chanson (Renan Luce, Clarika, Marcel Amont, Maxime Leforestier, Elodie Frégé, Anne Sylvetre...), il réussit à transcrire l'univers enfantin, fait de peur, de petites angoisses ou de grandes frayeurs, de bêtises et de galopineries. L'album est agréable, différents de ce que je connaissais de lui. Mais on retrouve sa générosité dans les mots, son grand sens de la belle phrase et du bon mot. C'est un chanteur poète, Aldebert. Bien entendu, la sortie de l'album était accompagnée d'une série de concerts. J'avais enfin l'occasion de le voir en vrai, sur scène.
Le concert avait lieu dans une nouvelle salle, à Paris, l'Alhambra, à deux pas de République. Cette salle qui a gardé de beaux restes art déco, est jolie. Petite, intime. Le son y est bon. On s'y sent bien dans cette salle.
Le risque quand on va voir un concert reprenant un album pour enfants, c'est d'avoir beaucoup d'enfants. Et il y en avait des enfants ce samedi soir. Des excités. Des impatients. Mais les parents, bien souvent des fans du chanteurs, l'étaient tout autant. Ils ont foutu une ambiance du tonnerre pendant tout le concert. Et vas y qu'ils chantaient, qu'ils dansaient, qu'ils applaudissaient à tout rompre, qu'ils criaient pour réclamer le rappel. C'était impressionnant. J'ai été surpris d'avoir autant d'ambiance pour un concert de ce genre. Les enfants ont réussi à se faire moteur et ont fini par entraîner tout le monde dans leur joyeux trip.
Même si j'aurais préféré découvrir Aldebert avec un autre album que celui ci, il n'empêche qu'il est bien sur scène. Chaleureux et humain. Il est en connexion avec son public. Un vrai plaisir de le voir chanter et jouer. Il est péchu. Et je suis sorti du concert de très bonne humeur. Expérience à renouveller.
Aldebert - Enfantillages - L'Alhambra (c'était le 06 décembre)

27.11.08

Diane Dufresne aux Bouffes du Nord

J'avais d'elle une image d'excentrique échevelée. Une Brigitte Fontaine québécoise en plus stylée. J'avoue que je ne connais pas très bien son répertoire. J'étais même certain qu'elle avait due chanter dans une des nombreuses versions de Starmania. Je ne sais pas pourquoi, je la voyais bien interpréter Stone, le monde est stone !
Le Sage, dans sa grande générosité d'âme, tenait à me faire découvrir cette chanteuse pétulante. Il m'en a, bien entendu, vanté tous les mérites. Sa classe, sa folie douce, sa prestance, sa gouaille. Il était sûr que la découvrir sur scène, c'était l'aimer sans plus aucune retenue. J'avais un peu de mal à imaginer cela surtout après l'écoute d'un de ses standards sur Deezer. Mais bon, je suis sans à priori et puis, un petit concert, un samedi soir, aux Bouffes du Nord, ça ne se refuse pas.
Elle est arrivée sur scène telle une diva, très digne et cérémonieuse mais avec une pointe d'excentricité, dans les cheveux justement qu'elle avait truffé de roses rouges. Toute en fausse modestie humble devant l'ouragan d'applaudissements du public (il y en avait des mordus dans la salle), elle était visiblement heureuse de cet accueil chaleureux.
J'ai été surpris par cette entrée. Elle a chanté quatre ou cinq chansons, plantée au milieu de la scène. Où était la bête de scène que je m'étais imaginée? J'avais l'impression d'assister à une performance sans âme. Elle communiquait beaucoup avec le public mais on sentait que tout était préparé, emballé, calibré, sans la moindre once d'improvisation et de naturelle. A la fin de cette série de chansons, toutes issues de son dernier album, elle s'est éclipsée de la scène pendant que les fans, en furie, tapaient des pieds et des mains, en hurlant des bravos de loups désespérés.
Au bout de cinq minutes de cris acharnés, la diva est revenue sur scène. Métamorphosée. La jupe, retroussée jusqu'en haut des cuisses, laissait apparaître ses jambes longues et fines (jambes qu'elle a encore fort jolies pour ses 64 ans assumés pleinement). Elle lance des regards de coin, coquins. Elle se fait canaille, amoureuse populaire et généreuse au langage fleuri. Elle chante Kurt Weill; des histoires d'amour malheureuses, excessives. On dirait ces paroles écrites pour elle. Elle habite ces chansons dans le moindre de ses déhanchements. Elle réussit à faire vivre la scène nue et dépenaillée des Bouffes du Nord. L'excentrique s'est réveillée.
Pendant une heure et demie, elle se livrera à son public. Des petits mots touchants, des confessions, ses peurs pour le futur (thème principal de son dernier album), elle parle, elle chante, elle émeut. On l'applaudit à tout rompre. Des standing ovation à n'en plus finir, des bouquets de fleurs par dizaine. Et elle qui refuse modestement tout cet amour. Elle nous aime. C'est elle qui doit nous remercier pour la faire vivre de tout cet engouement. Le public est sa force, sa raison de chanter. Elle nous demande de vivre le moment présent comme si c'était le dernier. Le public réagit avec passion. Un dernier salut. Une dernière embrassade et la chanteuse disparait dans les coulisses du théâtre. Le public se retire silencieusement, religieusement, toujours envouté, encore sous le charme. Et dans la tête, des dessous chics que continuent à fredonner le Sage...
Diane Dufresne aux Bouffes du Nord (vu le 15/11/2008)

Découvrez Diane Dufresne!

5.11.08

Presque Oui à L'Européen

Il y a une semaine, le Presque Oui faisait son retour sur scène. Tout seul cette fois ci. Un nouvel album en poche, Peau neuve, Thibaud Defever imprime l'air du changement. Le duo est devenu solitaire après la disparition de Marie Hélène Picard.
Seul sur scène, seulement accompagné de sa guitare, presque perdu, il va pourtant habiter complètement l'espace qui lui est offert pour faire vivre ses personnages, son univers. Avec sa musique et ses dialogues souvent improvisés avec le public venu nombreux. De l'énergie, il en a plein à revendre. Il sait être drôle quand il decrit son envie d'aller danser malgré sa timidité (danser). Il sait aussi être touchant et émouvant quand il se met dans les drap d'un fantôme revenu observer sa compagne endormie (le revenant) ou lorsqu'il annonce son renouveau (peau neuve). Il nous livre des scènes d'un quotidien ordinaire. Des petits films qui ont un goût de déjà vu mais arrangés à sa façon.
Lorsqu'ils étaient deux, il était effacé derrière sa guitare, laissant dans la lumière le personnage haut en couleurs de Marie Hélène. Maintenant qu'il est seul, il se sert de sa guitare pour entrer dans la lumière et y tenir sa place comme un grand. Pourtant, au dessus de lui, plane toujours l'image de la grande femme aux longs cheveux noirs.
Le pari est tenu de revenir seul en gardant le nom d'un groupe disparu. Il a les épaules solides pour porter à bien l'héritage non pas comme un fardeau mais comme une résurrection.
Presque Oui à l'Européen - 29/10/2008

Découvrez Presque Oui!

20.10.08

AIR à Pleyel

Enfin l’occasion d’aller entendre en live les dandys de la musique électronique française. En même temps, la salle Pleyel serait elle un endroit adéquat pour ce type de musique ? J’avoue avoir eu quelques réticences. Cette salle a une telle aura guindée que je me suis dit que l’ambiance serait bien plombée.
On nous rabâche les oreilles avec le bobotisme des fans de AIR. Oui, en effet, le public est très bon chic bon genre trentenaire. Moi le premier, je me suis mis à ce groupe après une critique dithyrambique de Télérama. Bah, on trouve ses références là où l’on peut. Ce n’est pas pour autant que j’adhère aux propos sans fonds de cette catégorie bien propre de la population (pas entièrement en tout cas). Pourtant, surprise, le public est relativement jeune, à parfois très jeune. Je me suis même dit que le concert allait peut-être plus mouvementé que je n’osais l’espérer.
Ce soir là, je n’étais pas de toute première fraîcheur. La semaine avait été difficile. La fatigue et le stress plombaient l’ambiance de mon week-end. A tel point que ma bonne vieille douleur hiatale me vrillait le plexus solaire sournoisement. Un de ces soirs où je me sens malheureux et vieux, la tête remplie d’idées noires. Et puis AIR a commencé à jouer. Je me suis vite fait avoir par leurs rythmes évanescents, leurs sonorités planantes. J’ai eu l’impression cette agréable sensation de bien être. D’être seul parmi les autres, présents dans la salle. J’entendais bien leurs applaudissements et leurs manifestations de joie, mais je n’étais pas avec eux. J’étais dans mon salon à regarder les deux versaillais jouer pour moi et rien que pour moi. N’avoir rien d’autre à faire que des les écouter. Pas d’interférences. Se laisser aller au plaisir de l’écoute. Tellement bien, que tous les nœuds de stress se sont ouverts, les uns après les autres. Cette agréable sensation de me laisser porter par ce que j’écoutais et partir. Loin. Loin de tout. Loin de ma semaine de merde. La zen attitude s’est emparée de moi. La douleur a disparu. Mes nerfs se sont relâchés. Tellement relâchés que le manque de sommeil s’est réveillé en moi. Comme si plus rien ne l’empêchait de s’ouvrir à moi. A la fin du concert, je ne pouvais plus retenir me bâillements. D’ailleurs, je n’avais pas envie de les retenir.
Je me suis senti détendu. J’en avais oublié les bienfaits. Je suis sorti de la salle euphorique et boosté. Fatigué certes, mais de cette fatigue que l’on sait pouvoir combler par une bonne nuit de sommeil sans agitations, sans rêves perturbateurs.
Et si AIR était mon yoga personnalisé ? Il faudra que je réessaie.
Air - Salle Pleyel (Vu le 11/10)

Joseph d'Anvers au Nouveau Casino

La salle est petite, presque intime. Pourtant, la foule est dense. L’intimité au coude à coude. L’ambiance est bon enfant. Des conversations animées presque entre amis se développent ici et là. Nous trinquions, ce soir là, à nos retrouvailles. Les Dames du Manoir étaient de retour de vacances. Nous prenions aussi plaisir à retrouver Joseph, presque deux ans après son passage à la Maroquinerie.
Toujours aussi impressionnant sur la scène l’ami Joseph. La voix toujours aussi chaleureuse. De celle qui vous remue les sens dès qu’il ouvre la bouche. Il a toujours cette belle prestance physique. Autrement dit, il est toujours aussi beau cet homme là. Son spectacle est toujours autant en décalage par rapport à ces albums studio. Toujours très rock, beaucoup plus pêchus. Les orchestrations diffèrent et donnent aux morceaux une atmosphère plus vivante. Cette fois encore, le spectacle est gonflé aux guitares électriques. Encore plus qu’au dernier concert où nous l’avions vu. La salle pourtant reste toute en retenue. Est-ce du plaisir toute en dévotion ? Ce n’est pas du déplaisir en tout cas. Les cous qui dodelinent ; les corps qui se déhanchent sans ostentation, prouvent que le résultat plait. Je ne sais pas, il a fallu une bonne heure de concert pour que l’ambiance décolle sans pour autant atteindre l’hystérie.
Joseph d’Anvers a surtout chanté les nouveaux morceaux. Celui de son album Les jours sauvages. Cet album sorti depuis juin dernier sans être aussi fort que les Choses en face (sans doute l’effet de surprise en moins), est malgré tout un album qui s’apprécie avec le temps. Le piège dans lequel il ne faut pas se laisser tomber est de ne pas lui laisser plus que la chance de la première écoute. Car en effet, il y a des redites, des redondances avec le premier album. Sa façon de chanter qui rappelle bien souvent Dominique A peut parfois anesthésier l’oreille et du coup, avoir cette impression que toutes les chansons se ressemblent. C’est un peu ainsi que le Sage E. l’a appréhendé. Mais en persévérant, on se rend compte que l’album recèle de bien belles pépites. Le concert, avec ces modifications d’orchestration, a sans doute rendu une meilleure individualité aux chansons. Je ne sais pas trop comment dire ce que j’ai ressenti. Une impression très agréable de redécouverte de l’album. Et puis sa voix beaucoup plus ample sur scène qu’en studio a fait le reste pour emporter mon adhésion.
Sur scène, il a voulu avoir ses invités. Pourquoi pas. Ca provoque souvent de beaux duos. Même si Money Mark est venu chanter le Kids avec lui, il n’aurait pas dû lui laisser le micro pendant presque vingt minutes. Cela a rompu le rythme du concert. La salle venait à peine de se réveiller et cette coupure l’a fait retomber dans sa réserve. Il a dû batailler ferme pour que l’ambiance reprenne.
Vers la fin, il a repris quelques morceaux du premier album, à mon plus grand plaisir, réveillant ainsi le public. Presque deux heures de concert, sans ressentir cette lourdeur dans les jambes. Je n’étais pas forcément en grande patate mais ce que j’ai vu et entendu sur scène m’a fait oublier la fatigue. Un bon moment, donc. On continue à lui trouver ce charme, et physique et vocal, qui nous plait bien à nous quatre.
Je pense que je vais me laisser tenter par sa nouvelle date parisienne, en février 2009, au Café de la Danse. A près tout, profitons de le voir dans ces petites salles avant que sa notoriété (et je suis sûr qu’elle va augmenter rapidement) ne l’oblige à remplir des salles moins humaines.


Joseph d'Anvers au Nouvedau Casino (Vu le 07/10)

25.9.08

The Divine Comedy - V.O. / V.F.

Neil Hannon est The Divine Comedy. Dandy british à l'allure désabusé et fragile, il est l'auteur de huit albums à la pop envoûtante, aux envolées mélodiques et orchestrales savantes qui vous transportent dans un univers baroque en moins de deux.
Adulé par le public français bien avant qu'il ne soit reconnu en Grande Bretagne, il a vite été courtisé par quelques uns de nos chanteurs. Il a écrit pour Charlotte Gainsbourg, pour Jane Birkin. Il a participé au dernier album de Vincent Delerm et a travaillé avec Yann Tiersen et AIR.
Parce qu'il aime la France et pour remercier son public, The Divine Comedy a consacré deux soirées à la Cité de la Musique, lundi et mardi soir, pour rendre un hommage à la chanson française.
Bien sûr, le public n'était pas forcément venu pour entendre la reprise de standards du répertoire musical français. Il attendait aussi du Divine Comedy. Neil Hannon a donc jonglé entre ces reprises (Jo le Taxi, Les copains d'abord, Amsterdam, le play boy et quelques autres) et ses propres grands succès. Il ne s'agissait pas d'un concert promotionnel, mais plus d'un concert best of agrémenté. Une soirée carte blanche.
Le plaisir de réentendre en live ses chansons maitresses (Tonight we fly, Génération sex, National Express...) était grand. Il allume et électrise une salle dès les premières envolées d'un Génération sex ou encore plus Tonight we fly. De sa voix chaleureuse, il nous embarque dans sa grandiloquence et dans sa douce folie des grandeurs. Il a su apporter ce qui le caractérise dans ses reprises et puis l'accent british charmant et charmeur sur des paroles en français donne un piquant inestimable.
Vincent Delerm et Daphné, en invités surprises, ont accompagné Neil, le temps d'une chanson. Daphné que l'on connait plutôt réservé lorsqu'elle est seule sur scène s'est ici "lâchée", visiblement ravie d'accompagner de sa belle voix le précieux dandy.
Le choix des reprises était parfois surprenant, mélant les classiques des classiques (Amsterdam et les Copains d'abord), des chansons aux textes difficiles pour un anglais (Le Play Boy de Dutronc), mais aussi des chansons qu'on est tenté d'appeler mineures mais qui font mouche tout de même. C'était bizarre ce choix de Jo le Taxi de Vanessa Paradis et encore plus l'Amour est bleu, chanson oubliée d'une certaine Vicky Leandros qu'il a sublimé. Et en ressortant des tresors cachés de certains de nos meilleurs chanteurs, comme le très beau " je changerais d'avis " de Françoise Hardy.
The Divine Comedy - V.O. / V.F. - Cité de la Musique

Découvrez The Divine Comedy!

4.7.08

Claire Diterzi - Tableau de Chasse

L'atmosphère était lourde, hier soir. Électrique. D'irréels nuages, virant au noirs, menaçaient de s'ouvrir sur nos têtes et déverser des déluges de pluie. De lourdes rafales de vents balayaient les rues sèches et arrosaient copieusement les yeux des passants, de poussières crasses accumulées pendant une semaine de chaleur. Il faisait chaud mais des frissons parcouraient l'échine à chaque bourrasque.
Hier soir, la salle était sombre accentuant l'impression de place à l'abandon. Les vieilles pierres, la peinture défraîchie, les dorures depuis longtemps disparues. Le théâtre transpirait de mélancolie romantique. Les gradins inconfortables et exigus se remplissaient allègrement. Le spectateur recherchait la meilleure place. Celle qui lui offrirait le plus beau point de vue sur la scène encore plongée dans le noir. Des inconnus, beaucoup. Des visages connus, quelques uns. Tous réunis pour le concert évènement de Claire Diterzi.
Nous avions eu la chance de pouvoir admirer son Tableau de Chasse à Chaillot, il y a quelques mois. Ce spectacle mêlant chant, vidéo et oeuvres d'art correspondait tout à fait à l'univers de la chanteuse intrépide. La scène des Bouffes du Nord allait sans doute apportait sa patte à ce spectacle particulier.
Rien à changer par rapport à Chaillot. Pas de surprises. Sauf peut-être que Claire est de plus en plus présente sur scène. Déchaînée par instant. Elle s'éclate seule ou accompagnée de ses deux choristes, la bassiste au regard transperçant, la jolie violoniste évanescente et le seul homme à tout faire de la bande, le beau Etienne Bonhomme. Elle jubile et entre en transe au bout de deux chansons.
Les dispositifs vidéo sont peut être un peu à l'étroit mais que cela ne tienne, elle fera le spectacle aussi. Comme sur le génial Vieille chanteuse, où elle campe une de ces chanteuses réalistes des années trente, gouailleuse à souhait. Elle joue. De sa voix, de sa personne. De la musique, des mots. Elle est irrévérencieuse. Ses repas de famille sont noyés par une substance marronnasse peu ragoûtante à l'image de son sentiment de se faire chier pendant. Une nouvelle bimbo nommée Carla a rejoint sa clique de pétasses rutilantes. Elle parle de poils aux couilles et sortilèges avec ses soeurs chéries. Malgré une mise en scène bien huilée, Claire Diterzi s'offre une liberté scénique absolue. Rarement à l'endroit où elle devrait être, elle se retrouve souvent dans l'ombre des projecteurs à force de bougeotte aiguë. Mais elle s'en fout. Ce qu'elle veut s'est vous embarquer dans son monde à elle. Un monde où des voix bulgares chanteraient la longue mélopée d'une femme infidèle qui dirait à son mari je me casse. Un monde où la fantasmagorie est emprunte d'une réalité brutale. Un monde de chambre d'enfant où tout s'entasserait pêle-mêle et avec lequel on essaierait de raconter une histoire, avec ce qui tombe sous la main. Un monde d'enfant grandie trop vite qui a besoin de se blottir dans les reposants accords d'une berceuse.
Mais Claire Diterzi, c'est surtout une voix qu'elle module avec une facilité déconcertante. Elle trille, elle susurre, elle grince, elle roucoule. Une voix de femme parfois sensuelle, parfois cassante, parfois enfantine. Une voix de femme forte, une femme de tête ou une voix de femme qui aimerait qu'on la protège. Une femme d'un univers qui n'est que le sien et qu'elle accepte d'ouvrir aux autres mais certainement pas dans sa totalité. Il y a toujours une partie de secret dans ces chansons qui font voyager au delà des mots. L'imagination prend alors le relais de l'ouïe.
Tableau de Chasse - Claire Diterzi - Les Bouffes du Nord - 3 et 4 juillet 2008

Pour se faire une idée de son univers, la très jolie vidéo de son Tableau de Chasse


9.6.08

Obsession Tour 2008

Etienne Daho. En voila une personnalité de la scène française ! je dois avouer que je ne connais pas très bien sa carrière. je n'étais pas un fan de la première heure et je n'avais pas de posters de lui, accrochés dans ma chambre quand j'étais adolescent (clin d'oeil). Mais comme beaucoup, j'ai fredonné ses plus grands succès : O Maccumba, Cargo de nuit, Mademoiselle Adélaïde, etc... (Je plaisante).
Non en fait, j'ai redécouvert Daho en arrivant sur Paris au début des années 2000. En 2001, je crois pour être précis, avec le surprenant et magnifique "comme un boomerang" qu'il chante avec Dani. Cette même année, j'avais failli aller le voir à l'Olympia mais, je ne sais plus pour quelle raison, je n'avais pas pu y aller. Et puis en novembre dernier, il y a eu l'écoute de L'Invitation. C'était le premier album de Daho que j'écoutais en entier. J'ai tout bonnement adoré cet album. Quand j'ai appris qu'il passait à l'olympia, je me suis dit qu'il ne fallait pas que je le rate cette fois ci. Le Sage a réservé deux places via son CE et j'ai attendu patiemment que le 6 juin arrive.
Le 6 juin en question, j'étais las. Fatigué par une semaine où nous avions multiplié les sorties (un opéra à Bastille, un spectacle de danse au Théâtre de la Ville). L'expérience Olympia de Wax Taylor était encore bien fraîche dans mon esprit et je craignais vraiment de me retrouver dans la fosse, au milieu de centaines de fans déchaînés. Mais le Sage s'est solidement installé dans la file d'attente, histoire d'être sûr et certain d'avoir des places assises.
Nous nous sommes donc installés au balcon, juste derrière le carré VIP où Gaël Morel, Tonnie Marshall et Benjamin Biolay ont pris place. Nous étions certes un peu loin et un peu haut par rapport à la scène mais au moins, nous étions assis. La salle était pleine de fans et parmi eux, un certain Nanaimo.
Les hurluberlus girls (ou un truc comme ça) ont ouverts le bal. Première partie pas désagréable mais pas franchement inoubliable non plus. Mais à 21h00, quand le rideau rouge s'est enfin ouvert sur les tambours de l'invitation, la fête a vraiment commencé. Daho, habillé en noir, est apparu au milieu d'une géométrie de rayons lumineux. La classe Daho avec ses pas de danse hyper sensuels, son côté un peu cabotin, timide mais pas un ange, sa proximité avec le public. Je crois que c'est ça en fait, ce gars là dégage une sensualité incroyable.
Malgré la musique et le son, poussés trop fort (à mon goût) et qui couvraient trop la voix de Daho, tout le reste m'a emballé. Electrisé. Il a chanté, bien entendu le dernier album en entier mais aussi ses grands succès dont le sensationnel "Le premier jour (du reste de ta vie)", avec les coups de violons fougueux des 3 demoiselles, qui depuis est resté accroché dans ma tête comme une vilaine sangsue mais que je tolère bien volontiers.
Je suis sorti du concert - il était près de 23h00 - heureux comme tout. Plus aucune trace de fatigue malgré l'heure avancée. La tête saturée de Daho. Le concert avait un goût de trop peu. Il m'était évidement pas possible de retourner le voir dans les dernières dates de l'Olympia vu que je travaillais ce week-end. Il me reste, peut-être, la possibilité de le revoir à Pleyel en décembre prochain, même si les prix sont monstrueusement exorbitants. Mais c'est à réfléchir...
Etienne Daho - Olympia - 06/06/2008

30.5.08

Wax Taylor à l'Olympia

Après Camille mardi et avant Daho vendredi prochain (entre autre date dans notre agenda over booked), hier soir je suis allé au concert de Wax Taylor à l'Olympia.
Sur la galette, Wax Taylor, c'est super bien. Ca hip hop à fond les manettes; ça trip hop grave; ça soul agréablement. Ça mixe bien. L'album Hope and Sorrow, écouté pour la première fois dans une Rover en route pour la Normandie, m'avait bien accroché. L'excellent Once upon a past qui ouvre l'album est un morceau entêtant qui reste en mémoire longtemps. Et puis il y a eu aussi, sans doute son morceau le plus connu, le très bon "Que sera", présent sur leur premier album Tales of the forgotten Melodies. Bref, ce que j'avais pu entendre m'avait suffit pour me décider à aller le voir sur scène, même s'il s'agissait de celle de l'Olympia. C'est une trop grande salle pour ce type de concert, mais bon...
Sur scène, c'est autre chose. Bon, il faut dire que je n'étais pas de la première fraîcheur hier soir. Réveil à 6h00; dix heures de boulot dans la tête; une alimentation sur le pouce; deux bières quasiment à jeun et des basses poussées à l'extrême supportable, ont fait que j'ai eu un grand coup de mou lors de la première partie. Voile blanc dans les yeux, jambes flageolantes et bonne suée froide ont eu raison de mon enthousiasme légendaire (hum). Le micro malaise passé, j'ai, malgré tout, ressenti une énorme fatigue, incontrôlable. Pas moyen de me concentrer sur ce qui se passait sur scène. Très rapidement, la musique trop forte avec ces basses toujours aussi percutantes, l'odeur des joints qui se fumaient sous le manteau, la foule compacte, ont eu raison de ma patience. A aucun moment, je n'ai été chaviré, emballé ou enthousiasmé. Autant, le dire tout de suite, je ne suis pas rentré dans le concert. Ça m'a même saoulé très vite. J'ai demandé au Sage E. de partir parce que je ne supportais plus. C'est la première fois que je quitte une salle de concert avant la fin. Même au médiocre dernier concert de Yann Tiersen, j'avais trouvé la force de rester jusqu'au bout.
C'est d'autant plus dommage, que ce matin, alors que je suis en train d'écrire ce billet, j'écoute du Wax Taylor et je trouve ça vraiment très bon.
Wax Taylor - Olympia - 29/05/2008

la Cigale et la Camille

Vous savez tout le bien que je pense de Music Hole, l'excellent dernier album de Camille. Envoûtant et enivrant, il me grise et m'électrise depuis quelques semaines. J'attendais avec une grande impatience de pouvoir la voir sur scène et comment elle pourrait rendre en live cet album si particulier. Je vous laisse imaginer mon état, mardi soir, alors que j'attendais dans la file d'attente qui s'étendait loin après la Cigale. Un mélange d'excitation et d'appréhension.
Vers 20h30, elle est entrée sur scène, traversant le plateau, affublée d'une capeline orange, en exécutant une danse étrange. Pendant ce temps, ses musiciens et choristes s'installaient. Il y avait bien un piano, sur l'avant scène, mais pas l'ombre d'un autre instrument. Et pour cause, les musiciens emmenaient leurs instruments avec eux : la voix, la bouche, la cage thoracique, les mains et les pieds. Ils étaient leurs propres instruments. Elle allait respecter le concept de l'album sur scène. Et la curiosité me titillait déjà les oreilles.
Elle a commencé par "Les canards sauvages" et deux heures après (voir un peu plus), elle a terminé par "Paris", a capela. Pendant deux heures (voir un peu plus), elle a irisé la salle avec toutes les nuances de sa voix incroyable et multiforme. Tantôt grave, tantôt aiguë, tantôt éraillée, notamment sur le magnifique "home is where it hurts". On ne peut pas dire qu'elle communique beaucoup avec le public mais elle sait créer une connivence tacite avec lui qui fonctionne à fond. Le public était chaud comme la braise. Je dois dire que je me suis laissé embarquer dans ce concert sans aucune retenue. J'étais emballé par ce que j'entendais, je voyais et je ressentais. Ce concert a été l'un des plus beau que j'ai pu faire.
Et puis, pendant tout le temps (beaucoup trop court) qu'a duré le concert, je ne pouvais m'empêcher de penser à ma bonne amie A.S. Je ne sais pas pourquoi. Son image m'est apparu dans un flash au début du concert et ne m'a pas quitté par la suite. Sans doute un petit air de ressemblance avec la chanteuse sur scène. Sans doute aussi parce qu'elle a été la première à me parler de Camille. Sans doute enfin, parce que je suis certain qu'elle aurait aimé le concert autant que moi et que j'aurais bien aimé partager ce moment là avec elle aussi.
Camille - La Cigale - Du 23 au 28 Mai 2008

27.5.08

L'Européen de Carlotti

Barbara Carlotti était de retour sur une scène parisienne, en solo, après sa participation à la comédie musicale "Imbécile", qu'elle a joué avec JP Nataf, Philippe Katerine et Héléna Noguera, il y a quelques mois.
Toujours égale à elle même, Barbara. Elle reste toujours nonchalante à l'extrême, avec cette sensation parfois envahissante qu'elle vit sur la lune ou bien qu'elle est sous l'emprise d'une substance pas très catholique. La voix grave quand elle parle, dégage toujours autant de sensualité. Ah la la quand elle nous dit bonsoir. Elle a pris de l'assurance tout de même. Finis, les concerts un peu brouillon de ses débuts. Elle a maîtrisé la scène, le micro, ses déplacements. Elle parvient tout de même à entretenir une part d'improvisation même si au final tout est programmé. Elle a su éviter le mauvais goût qui m'avait sidéré (voir plus) lors de son concert au Café de la Danse, en 2006 (elle avait encordé un homme nu sur la scène pendant une bonne partie du concert, en le laissant seul jusqu'au bout alors que les spectateurs quittaient la salle).
Elle a bien sûr axé son concert sur son second album, l'idéal, sorti en mars dernier. A l'écoute, l'album ne m'avait pas autant enthousiasmé que Les Lys brisés. Je trouvais les textes un peu plus fades et les mélodies moins raffinées. J'ai dû l'écouter en tout et pour tout deux ou trois fois, préférant me repasser le premier album. Pourtant, sur scène, le deuxième album passe beaucoup mieux. Et je me suis même rendu compte que je fredonnais les chansons alors que j'avais l'impression de n'avoir rien retenu. J'ai pu réécouter l'album d'une oreille neuve depuis. Et même si l'impression de moins bon ressort, il n'est pas si mal que ça finalement. Elle a aussi repris quelques morceaux du premier album (Tunis, Une rose pour Emily, Charlie the Mode, Cannes, peu importe...) mais sans chanter les Lys brisés que je trouve être sa plus belle chanson.
Il est toujours aussi agréable de pouvoir écouter un chanteur dans la petite salle de l'Européen. La taille humaine de la salle apporte une vraie proximité avec l'artiste qui m'emballe toujours autant.

29.4.08

C'est l'histoire...

Bah oui mais c'était obligé ça aussi. Depuis le temps que le Sage E. se ruinait les yeux sur Youtube à se passer en boucle toutes les chansons du Roi Lion, avec cette nette préférence pour le "be prepared" de Scar, l'oncle félon, il fallait bien qu'un moment ou un autre, je fasse quelque chose. On aurait pu regarder une énième fois la vidéo du film, mais je me suis dit qu'il fallait employer les grands remèdes.
Ni une ni deux, ni même trois d'ailleurs, je nous ai réservé deux places à Mogador pour voir à quoi pouvait ressembler Simba, Nala, Scar et les autres de la savane, version musical. Ben je peux vous dire qu'on en a pris plein les yeux. Des costumes magnifiques, des décors époustouflants, une scénographie ahurissante... Pendant près de trois heures, nous avons vibré aux sons des tam-tam de la brousse. Passée la surprise de voir que ce sont des hommes et des femmes qui chantaient sur scène et non pas des lions, des gazelles et des hyènes (pas de commentaires déplacés je vous prie), on se plonge dans l'histoire, qui reprend les grandes lignes du film avec toutes ces chansons, avec un plaisir enfantin. On papillote des yeux à l'ouverture toujours aussi magnifique et émouvante au son du Circle of life; on tremble pour Mufasa emporté par les gnous fous; on Hakuna matata en dandinant en rythme son fessier sur son siège. Je suis redevenu un gamin pendant cette soirée, avec des yeux émerveillés devant la beauté inouïe de ce que je voyais sur scène. Pensez donc, ce n'est pas tous les jours que je peux voir une savane plus vraie que nature (ou à peu près) à Paris avec dedans, tous les animaux qui y habitent.
C'est certes cher (il faut compter tout de même quasiment 100 euros pour deux personnes en 5ème et avant dernière catégorie) mais quand on voit toute la technicité mise en oeuvre pour ce spectacle, je me dis au diable l'avarice, si ça peut donner la banane et la pêche pour au moins une semaine...
Et c'est le cas.

17.4.08

Goldfrapp terne

Je peux vous dire que je l'attendais avec impatience ce concert là. J'ai passé tellement de bons moments dans le métro, à la maison, et dans ma tête avec Seventh Tree, leur dernier album. Il passe en boucle sur mon I-pote, à peine inquiété récemment par le dernier Camille. Venus en a pâti; The Do est passé aux oubliettes et même Ben Ricour a eu chaud, s'il n'avait pas eu son concert la semaine dernière.
Hier soir, donc, était le grand soir. A peine le travail terminé, j'ai foncé vers Liège (la station de métro, pas la ville) et suis arrivé au Casino de Paris rapidement. Il était à peine 18h00. Il restait 1h30 avant l'ouverture des portes de la salle. Je me suis dit que j'avais bien le temps de me poser un peu dans un troquet, histoire de me remettre de ma journée difficile qui clôturait une semaine difficile, elle aussi. Le Sage était lui aussi en route. Je me suis dirigé tranquillement vers le théâtre, l'i-pote fixé dans les oreilles, avec Little Bird qui me faisait doucement planer. De ma myopie lointaine, je voyais bien quelques silhouettes faire le pied de grue devant les portes de la salle. Au fond de moi, je me suis dit qu'il fallait être bien courageux ou très fan pour perdre son temps ainsi. Moi jamais, me suis-je dit. Et puis, en me rapprochant, j'ai bien vu qu'il n'y avait pas que quelques silhouettes mais déjà une bonne centaine de silhouettes. Merde ! A 18h00, il y a déjà autant de monde à attendre. Le Sage ne sera pas là avant 30 minutes. Si je vais boire un café de combien de silhouettes la file se sera allongée? Je veux absolument une place assise pour le concert (bah quoi, je deviens vieux. La fosse et sa promiscuité me gâchent de plus en plus le plaisir d'un concert). PDMFCSR ! Je vais devoir poireauter.
Et poireauter pendant plus d'une heure, c'est long. Je peux vous l'assurer. Je le sais, je l'ai fait. Les minutes qui s'allongent à n'en plus finir; les brides de conversations qui se juxtaposent pour former un dialogue surréaliste; les portables qui sonnent, qui chantent qui bêlent ou qui aboient; les coups de klaxon des bus, des voitures, des motos gênés par la foule indisciplinée; cette sonnette exaspérante à chaque ouverture ou fermeture d'une porte du théâtre. Devoir supporter cela seul met les nerfs à rude épreuve; en plus que je n'ai pas eu mon café, sacrifié sur le siège d'une noble cause...
Le Sage est arrivé et ça a été tout de suite mieux. Il faut dire que les portes se sont (enfin) ouvertes rapidement après son arrivée. Nous avons trouvé nos places idéales pour voir au mieux toute la scène. Il n'y avait plus qu'à attendre le début du concert qu'ouvrait par Syd Matters, en première partie. Chouette, que je m'étais dit quand j'avais eu vent de l'information. J'aime bien le chanteur. Je me souviens même d'un très bon concert il y a quelques années qui m'avait beaucoup plu. Son dernier album est le seul hic. Je n'ai pas accroché. Je me suis dit que ça n'allait pas être la folle éclate non plus, mais bon, ça peut être sympa de les revoir sur scène. Malheureusement, ça c'est confirmé. Les quatre ou cinq chansons, qu'ils nous ont servies, nous ont plongé dans une somnolence de mauvais augure. Bon, je dois dire que le kir cassis que j'ai bu juste avant (gentiment offert par le Sage, pour me remonter le moral), ne m'a pas forcément aidé à me réveiller. Et ce n'est pas la demie heure d'entracte qui a arrangé les choses. Pourtant, au fur et à mesure que le concert s'annonçait, une certaine effervescence est montée du bas de la salle. Des applaudissements, des sifflets, des cris de trépignement et d'impatience. Une bonne ambiance commençait à se créer. Ca a suffi pour me tirer de la torpeur. De plus, les palabres de nos voisines de derrière étaient tellement drôles que je ne voulais pas rater ne serait-ce qu'un mot.
A 21h00, les lumières de la salle se sont éteintes sous des tonnerres d'applaudissements et de cris. Le concert allait commencer. Je me suis calé dans mon fauteuil, prêt à me prendre une bonne claque musicale. Alison Goldfrapp, habillée d'une sorte de robe pull qui l'a faisait ressembler à un papillon, est entrée sur scène accompagnée de ses musiciens. Elle a lâché un petit "hello Paris. Thank you" couvert par les applaudissements. Et elle s'est lancée dans le premier morceau.
Pendant, une heure, top chrono et pas une minute de plus, elle a aligné tout le dernier album avec quelques reprises des albums précédents, fait un rappel, dit au revoir, "thank you. Bye bye Paris". Tout cela sans temps morts, sans communiquer avec son public, sans aucun éclat. Elle a fait son show hyper millimétré sans mettre beaucoup de tripes. Bien sûr que j'étais heureux d'entendre bouger les chansons qui m'accompagnent depuis bientôt deux mois. Bien sûr que cette Alison a une voix peu commune. Bien sûr qu'elle a une présence lunaire telle, qu'elle pourrait très bien être la petite amie de Pierrot. Mais elle aurait pu mettre un peu plus d'âme et de chaleur. Elle aurait pu habiter ses chansons au lieu de simplement les interpréter comme sur l'album. Pourtant dès qu'elle y mettait un peu plus de coeur, le show prenait des dimensions hallucinantes. Ainsi les interprétations de Little Bird et de Caravan girl, ont été des moments purement magiques. Par contre, A&R a été d'une pâleur décevante.
Heureux donc mais déçu et frustré. Le concert n'a pas été celui que j'espérais. Tant pis. Dommage. Heureusement, il me reste les albums qui pour une fois me semblent bien mieux que le live. Pourvu qu'il n'en soit pas de même pour le prochain concert de Camille.
Goldfrapp - Casino de Paris - 16/04/2008

10.4.08

Ben Ricour au Café de la Danse

Nous sommes arrivés dans les premiers. La salle n'était pas encore ouverte. On s'est demandé si on allait boire un verre avant le début du concert. Et puis on est resté, à poireauter en discutant de nos journées respectives. On a été arrosé de prospectus pour de futurs concerts un peu partout à Paris. Devant nous, une jeune fille semblait être la plaque tournante d'un petit groupe d'aficionados de Ben. On n'a pas très bien compris s'il s'agissait de fans de la première heure ou bien des amis ou des membres de la famille ou peut-être bien le tout à la fois. En tous cas, une bonne vingtaine de personnes est venue lui dire bonjour. En fait sans qu'on s'en rende compte, la file d'attente avait grossi. La salle serait pleine à se rythme là. Ça m'a fait plaisir que l'ami Ben fasse salle comble.
Vers 20h00, nous avons pu entrer et nous installer. La salle est petite; pas plus de 300 places, à vue de nez. On s'est choisi deux places bien au centre et complètement en haut. La vue sur la scène était parfaite. Génial, nous aurons la proximité et le confort. Très vite la salle s'est remplie. Beaucoup d'habitués mais aussi quelques novices qui ne savaient pas trop quoi attendre du concert. Çà me rappelle mon premier concert pour Ben Ricour, il y a déjà deux ans, à l'Européen. J'avais été emballé par le premier album, le concert avait suffi à faire de Ben un de mes chanteurs préférés. Il était seul sur scène, à l'époque. Juste lui et sa vieille guitare et son cajon. Cette fois, il serait accompagné par trois musiciens.
Il était presque 21h00. La salle était pleine à craquer. Les fumigènes fumaient. Les projecteurs spotaient. Les guitares attendaient patiemment qu'on les prenne en main. Les spectateurs trépignaient. La lumière s'est doucement éteinte et, en ombres chinoises, ils sont entrés sur scène, sous un tonnerre d'applaudissements. Le concert commençait.
C'était assez étrange de le voir entouré, habitués que j'étais à ses performances en solo. Au final, même si les trois musiciens lui ont permis de réorchestrer certaines de ses chansons, j'ai regretté de ne pas le voir seul sur scène. L'apport des musiciens n'est pas majeur et Ben sait très bien faire le show seul. L'accompagnement est superflu. Mais je ne vais pas faire la fine bouche. Le concert était génial. Le public particulièrement chaleureux. Et Ben Ricour en grande forme et visiblement touché par l'accueil du public. Il a bien sûr chanté l'ensemble de son second album et aussi quelques chansons devenues des standards du premier album. Ma voisine de concert, qui ne le connaissait pas, a été emballée et a demandé instamment à l'ami qui l'avait invité de lui offrir les albums le plus vite possible. Comment ne pas faire autrement?
Ben Ricour - Café de la Danse - 08 avril 2008

17.3.08

Toute seule comme une grande

Presque deux ans, à un mois près, que je ne l'avais pas vu sur scène. Ce soir, c'était le grand retour de La Grande Sophie (ou LGS, pour les intimes ou les fainéants) sur une scène parisienne. Et là, grande surprise, elle est toute seule sur scène. Vous me direz que c'est marqué sur l'affiche. Certes, vous auriez raison ! Mais, pour être honnête, je n'avais pas regardé l'affiche. Son simple nom me suffit pour me faire accourir les yeux fermés. Je n'étais pas le seul d'ailleurs. La salle du théâtre de l'Atelier, (pas très grande, il faut bien l'admettre) était archi comblée de fans en tout genre.
Elle est entrée sur scène, vêtue de blanc. Elle était seule. Ses seuls musiciens étaient ses instruments : une guitare acoustique, une guitare électrique, un grosse caisse et une sorte de boîte à rythmes qui fait des choses extraordinaires. A elle seule, elle avait son propre orchestre. Et puis, elle a chanté. Ces chansons devenues des classiques mais avec une interprétation et une orchestration new look. Ce sont les mêmes chansons mais avec l'impression d'entendre des nouvelles. J'aime bien. Elle annonce quelques inédits. Le public est ravi et le fait savoir en chantant et en tapant dans les mains. LGS qui me semblait un peu "froide" au départ commence à s'animer puis à carrément retrouver la fougue qui la caractérise. Il y a aussi des reprises, elle aime bien ça faire des reprises qui sont pourtant loin de son répertoire. Il y a d'abord un Hot Stuff endiablé qui se termine par une LGS sautillante, avec une corde à sauter fluorescente. Et puis, une belle reprise personnalisée du Dis quand reviendras-tu de Barbara.
Deux heures (à peu de choses près) de concert avec ce grand plaisir de réentendre une chanteuse que j'aime bien. Le pari de chanter seule sur scène est assez osé, surtout après sa grande tournée triomphale de l'année dernière; celui de retrouver le contact du public dans une petite salle alors qu'elle a rempli le Zénith l'an passé, est une bénédiction pour ceux qui ont pu avoir des places. Serait-ce un retour aux sources pour la Grande Sophie? Un retour aux concerts à taille humaine? En tout cas, je ne peux que me réjouir d'avoir pu la voir dans ces conditions là.
La Grande Sophie, toute seule comme une grande.
Sa tournée en France, en Belgique et en Suisse est à suivre sur son BLOG.

Le monde merveilleux de Jeanne Juliette

Vous connaissez, vous, Jeanne Juliette? Moi non plus jusqu'à, il n' y a pas très longtemps, une amie nous vante ses mérites et nous encourage à aller voir de nos propres oreilles, son spectacle qui se jouait, le 3 mars dernier, aux Folies Bergères.
Le geste un peu emprunté et maniéré mais d'une grâce exquise et délicieuse, Jeanne Juliette prend à bras le corps la vaste scène des Folies Bergères. Elle pourrait être perdue, seule, sur ce grand plateau. Mais ce n'est pas le cas, elle sait habiter le lieu d'un bout à l'autre. La jeune femme est à la fois actrice, danseuse, chanteuse et compositeuse. Toutes ces cordes lui servent incontestablement pour son spectacle. Ses pauses, tantôt enfantines, tantôt aguicheuses, souvent lolita, en font une femme enfant ou vice et versa. D'ailleurs, ses textes plongent dans la nostalgie d'une enfance qu'elle se refuserait de quitter. Souvenirs et anecdotes, petits moments heureux, tour à tour petite fille naïve ou femme en devenir, elle enchaîne avec beaucoup de poésie et de fraîcheur des tableaux habités aux allures théâtrales.
Seule sur scène, ce soir là, elle est habituellement accompagnée par une petite troupe de musicien qui selon, l'amie Coco, apporte une touche cabaret à son spectacle. A suivre donc.
Pour en savoir plus sur Jeanne Juliette, un joli site avec quelques extraits de ses chansons et puis la possibilité d'acheter son CD album. Un beau moyen de continuer le rêve éveillé dans lequel elle nous a embarqué ce soir là sur scène.

16.1.08

Kit Kat Klub

La couleur est annoncée dès le début du spectacle. On est les bienvenus au Kit Kat Klub, ce cabaret, lieu de liberté et de transgression du Berlin d'avant guerre.
Passé l'effet de surprise lié au genre du musical du style Brodway (c'était la première fois que j'en voyais un), on passe un très bon moment avec cette troupe pleine d'entrain. Les chansons s'enchaînent, les numéros de music hall deviennent de plus en plus osés, tandis que le maître de cérémonie devient tour à tour acteur, agitateur mais toujours jouisseur. Pendant que ce petit monde mène sa vie sans tabous entre le cabaret et la pension de Fraulein Schneider, un autre monde, une autre époque pointe ses dangereuses dents. Le nazisme est aux portes de ce monde de la nuit libertaire. La menace se fait plus présente et déjà de grands dangers se font sentir. Sally Bowles, la meneuse de revue, et le maître de cérémonie du club essayent alors grâce à leur divertissement extravagant de faire oublier aux spectateurs les difficultés de la vie et les menaces grandissantes du monde extérieur.
Cabaret - Sur une idée de Sam Mendès - Aux Folies Bergères jusqu'au 27/01/2008